Design et graphisme inclusif : comment créer des visuels qui parlent à tou·te·s — sans laisser personne de côté

Qu’est-ce que le design inclusif ?

Le design inclusif, c’est une démarche qui vise à créer des produits, des services et des visuels accessibles, compréhensibles et agréables pour le plus grand nombre de personnes possible — quel que soit leur âge, leur origine, leur capacité physique, cognitive ou sensorielle, leur niveau de lecture ou leur contexte d’usage.

Dans le domaine du graphisme, cela signifie :
→ Choisir des couleurs lisibles pour les personnes malvoyantes ou daltoniennes.
→ Utiliser des polices simples et espacées pour les personnes dyslexiques.
→ Intégrer des illustrations diversifiées (âges, genres, origines, capacités).
→ Proposer des versions adaptées (texte en gros caractères, audio, version en FALC).

Ce n’est pas du “design pour les autres” — c’est du design pour tout le monde.

Pourquoi le graphisme inclusif est un levier stratégique pour les associations

Tu le sais : ton visuel n’est pas qu’une image — c’est un message. Et si ce message n’est pas compris, il ne sert à rien.

En adoptant un design inclusif, tu :
→ Élargis ton audience (personnes âgées, jeunes, personnes en situation de handicap, publics éloignés).
→ Renforces ta crédibilité en montrant que tu prends en compte la diversité.
→ Améliores l’impact de ta communication — un visuel compris, c’est un message reçu.
→ Te démarques des autres structures qui négligent encore cette dimension.

5 principes de base pour un graphisme inclusif efficace

1. Lisibilité avant tout

→ Utilise des polices sans empattement (ex. : Open Sans, Lato, Roboto) — plus faciles à lire.
→ Privilégie un contraste élevé entre le texte et le fond (ex. : noir sur blanc, blanc sur bleu foncé).
→ Évite les effets de style (gras, italique, souligné) pour les personnes dyslexiques — ou utilise-les avec modération.
→ Espaces les lignes et les paragraphes pour faciliter la lecture.

2. Couleurs avec intention

→ Utilise des palettes contrastées (ex. : bleu foncé sur blanc, jaune sur noir).
→ Évite les combinaisons problématiques pour les daltoniens (rouge/vert, bleu/violet).
→ Ajoute des icônes ou des textures pour différencier les éléments — ne compte pas uniquement sur la couleur.
→ Teste ton visuel avec des outils comme Color Contrast Analyzer ou Stark.

3. Illustrations diversifiées et représentatives

→ Montre des personnes de tous âges, genres, origines, capacités — sans stéréotypes.
→ Évite les clichés (ex. : femme au foyer, homme en costume, enfant souriant avec un crayon).
→ Si tu travailles avec un·e illustrateur·ice, demande-lui de varier les modèles — et fais relire par des personnes concernées.

4. Structure claire et logique

→ Utilise des titres hiérarchisés pour guider le lecteur.
→ Ajoute des puces, des numéros, des encadrés pour structurer l’information.
→ Place les éléments importants en haut ou au centre — pas en bas ou dans les coins.
→ Utilise des icônes explicatives pour renforcer le message (ex. : une loupe pour “rechercher”, une flèche pour “suivant”).

5. Versions adaptées et accessibles

→ Propose une version en gros caractères (ex. : PDF téléchargeable avec police 16pt).
→ Intègre un QR code vers une version audio (ex. : lecture du texte par synthèse vocale).
→ Crée une version en FALC (Facile à Lire et à Comprendre) pour les personnes en situation de handicap cognitif.
→ Si c’est un visuel numérique, vérifie qu’il est compatible avec les lecteurs d’écran (alt text, balises sémantiques).

Conclusion : le design inclusif, c’est du design intelligent

Le design inclusif n’est pas une contrainte — c’est une opportunité. Il permet de créer des visuels plus clairs, plus efficaces, plus humains. Et surtout, il permet de ne laisser personne de côté.

En adoptant cette démarche, tu ne fais pas que “faire du bon design” — tu fais du bon sens. Et c’est précisément ce qui renforce ton impact, ton image, et ta capacité à mobiliser des publics, des partenaires, et des financements.